Nous sommes en juin. Le juin d’une année où il a fait un temps… pourri ! Depuis plusieurs mois, c’est le premier jour de grande chaleur dans notre beau nord et le soleil réchauffe les cœurs et les corps.

soleil

Cette journée là, comme toutes les autres journées en temps scolaire, les enfants se sont levés, lavés, habillés. Ils sont pris leur petit déjeuner, se sont brossé les dents, se sont préparés pour aller à l’école et y ont été déposés. Leur journée scolaire passée, l’éducateur est allé les rechercher. Ils sont rentrés, on pris leur goûter, on fait leurs devoirs. Ils ont joué une 30 aine de minutes tout au plus avant d’aller prendre leur douche, se mettre en pyjama et descendre prendre leur repas. Un planning quasi millimétré auquel ils se tiennent avec rigueur (enfin comme des enfants, quoi !).

Une règle est posée, dans la maison dans laquelle je travaille, qui est qu’après le repas, il y ait un “temps calme”. De fait, de manière générale les enfants jouent ensemble, lisent un livre, font un jeu de société ou regardent (rarement) la télévision.

Ce jour-là, presque unanimement, ils m’ont demandé s’ils pouvaient aller jouer dans le jardin. Il leur restait une bonne demi-heure avant de commencer à se préparer pour monter se coucher et c’est tout naturellement que j’ai dit… oui. Un soleil magnifique comme on l’attendait depuis des lustres… une journée déroulée au rythme d’un quotidien effréné.. et là, un temps libre où ils peuvent profiter d’être ensemble, dehors, au soleil, à jouer sans contrainte. Un moment de bonheur quoi !

Boulette !?!

Tout s’est déroulé dans la tranquillité et surtout la joie. Les enfants se sont amusés dehors, sont rentré quand nous le leur avons demandé et sont monté se coucher sans encombre. Peut-être un ou deux qui ne voulaient pas rentrer, et en même temps qui voudrait arrêter de jouer pour aller se coucher alors qu’il fait si bon et doux à profiter du soleil après des mois de grisaille 🙂 Pour autant, ils sont tout de même capitulé.

Naïvement, j’ai noté le déroulement de cette fin de journée dans le fameux cahier de bord, qui permet de faire la liaison entre les différentes équipes se relayant, très heureuse que les enfants aient pu bénéficier d’un moment le liberté et de joie.

Aïe.
Je suis “sortie du cadre”.
Après le repas, c’est un temps calme.
Les enfants n’auraient pas dû avoir la permission de sortir jouer dehors, ça va à l’encontre du règlement.

Ma tête, quand j’ai entendu ça, a dû ressembler à peu de choses près à ça :

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Ou peut-être à ça…

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Peut-être même que ça devait être de ce genre-là :

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Ou un mélange des trois à la fois… Je vous laisse imaginer ?

Ok… Bon, soit. Et alors, j’aurai dû faire quoi ?

“En parler lors de la prochaine réunion”

mdrD’accord, il y a des règles, un cadre à respecter. Mais ne peut-on pas aussi se donner la permission de sortir du cadre dans la mesure où aucune règle de sécurité n’est entravée ? Dans la mesure où l’intégrité d’aucune personne n’est mise à l’épreuve ?

Où est la place de l’imprévu, de la joie, de la liberté de se laisser porter par ce qui est vivant à l’instant T ?
Où est la place de la joie, du plaisir de vivre le moment présent, d’être heureux ?

Est-ce être laxiste que d’oser sortir du cadre dans ce genre de circonstances ?
Je me suis posée la question… car ce terme a été posé… Ais-je été laxiste ? Aurais-je dû me conformer au cadre à cet instant précis ?
Aujourd’hui, je suis convaincue que non.

Peut-être devrions-nous réfléchir à instaurer un panneau “Permissions” qui soit d’une longueur plus important que les interdits, les limites, les règles à ne pas enfreindre…

Qu’en dites-vous ?