jumpMarine et Laura sont deux jeunes filles de 12 et 14 ans. Elles viennent de rentrer de l’école et débordent d’énergie. Elles sont énervées, crient courent dans la maison ce qui est difficilement acceptable lorsqu’il y a 12 autres enfants présents. Il est à noter que Marine a peu conscience de ses limites et que si dans un temps elle est dans le plaisir du moment, dans l’excitation, dans le jeu, cela peut rapidement dévier en situation conflictuelle et en crise de colère (apparente) qui demande de l’énergie à accompagner.


Deux solutions

– Mise à l’écart des jeunes, leur faisant comprendre que leur comportement est problématique à l’instant T et visant un retour au calme, souvent par une mise en chambre
– Repérer leurs besoins et les aider à y répondre

J’opte pour la seconde option.

(Cela s’est passé il y a quelques mois, je ne me souviens plus des échanges exacts, je retranscris donc selon mon souvenir)

Echange
……….Prise en compte des besoins
………………..Responsabilisation – Coopération – Au
tonomie

Moi : « Vous débordez d’énergie les filles, je trouve ça chouette de vous voir aussi enjouées et dynamiques. Et en même temps, je souhaite que l’ambiance de la maison reste calme et détendue. Qu’est-ce qui vous anime autant ? »
Elles : « On a envie de crier, de courir, on est super énervées » – Rires
Moi : « Ok, donc vous avez besoin de dépenser votre énergie »
Elles : « Oui !! »
Moi : « Tout en respectant l’ambiance calme de la maison, quelles possibilités vous avez pour vous défouler ? »
Elles : « On pourrait chanter avec le micro dans la salle du fond, on pourrait aller courir et crier dans le jardin ? Euh… »
Moi : « Ce sont des idées intéressantes. Pour le chant, j’ai peur que ça reste trop bruyant et je crains que les voisins s’interrogent sur les cris provenant du jardin. Qu’est-ce que vous diriez d’aller faire une bataille d’oreillers dans l’une de vos chambres ? »
Elles : « Ouaiiiis !!! »

polochon

Elles montent, nous préparons l’espace. Je pose un cadre avec des règles qui ont du sens pour elles et des règles de sécurité qui me semblent importantes (on ne vise pas le visage, dès que l’une dit « Joker », on arrête). Je leur propose de se défouler pendant 15 minutes, elles arrêteront d’elles-mêmes quelques minutes avant (quelques minutes après que je sois partie… tiens donc !).

Elles redescendent alors boire un verre d’eau. Je constate qu’elles sont toujours dans de l’agitation. Elles me demandent si elles peuvent recommencer et si je peux rester avec elle. Ah ! Intéressant…

Moi : « Est-ce que vous avez besoin de vous défouler ou que je prenne du temps avec vous ? »
Elles : « On veut que tu sois avec nous »
Moi : « Ok. Alors j’entends votre demande. Tout de suite, c’est compliqué parce qu’il y a le quotidien à gérer et d’autres enfants ont aussi besoin de ma présence. Je vous propose de prendre ce temps après le coucher des plus petits. Qu’est-ce que vous souhaitez faire ? Un jeu de société ? Discuter ? Lire un livre ? »
Elles : « Que tu nous lises un livre »

Le calme est revenu, le besoin a été – approximativement – repéré et entendu (besoin de présence ? d’attention ? …). Une solution a été trouvée, en accord avec tout le monde, pour y répondre (stratégie = lecture d’un livre ensemble).

“Derrière tout comportement jugé “inadapté”, il y a un besoin non satisfait”

Alors oui, isoler, punir, crier, demander le calme aurait été plus rapide et plus facile (quoi que) si je m’étais contentée de n’observer que le comportement et que je l’avais jugé comme inacceptable. C’est assez fréquent.

Mais comme derrière tout comportement jugé « inadapté » il y a un besoin non satisfait, il me semble pertinent de profiter de l’expression de ces comportements pour aider l’autre à repérer son besoin non satisfait et l’aider à y répondre. Ainsi, au fil du temps, il apprendra à le faire seul et ça fait aussi partie de ce que j’appelle l’autonomie.

Dans la situation donnée, leur besoin a été reconnu et une réponse y a été apportée. Le règlement est respecté (on ne court pas, on respecte les autres…). Mon besoin de calme et de respect de soi et de l’autre est satisfait.

parentenfantsat

Mon leitmotiv : gagnant – gagnant, tout le monde est content 🙂

Faut-il donc punir et exiger l’obéissance pour que le cadre soit posé ?